Vendredi 18 décembre 2009
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Monsieur le Président,
L’opposition est particulièrement ravie de vous accueillir au sein du conseil municipal de Plouha. Cela nous donne
l’occasion d’échanger sur un certain nombre d’éléments qui nous tiennent à cœur concernant l’organisation de l’espace intercommunautaire et de son avenir et ainsi d’avoir votre
avis.
C’est malheureusement la seule occasion qui nous soit donnée de débattre avec vous au sein d’une assemblée
délibérante puisque malheureusement la majorité a refusé de nous accorder une place au sein du conseil communautaire alors que d’autres communes socialistes le font naturellement comme celles de
la Cabri. Et précédemment, la majorité de M. Le Guen accordait un siège de délégué communautaire à chacune des deux minorités d’alors. La nouvelle majorité n’en accorde qu’un seul pour les deux
minorités actuelles. C’est ainsi 526 électeurs qui ne sont pas représentés… Ce déni de démocratie est plus que regrettable pour un type d’assemblée qui souffre déjà d’un déficit démocratique
contraire à la Constitution.
Nous saisissons donc l’occasion de soumettre ici les quelques éléments suivant au débat :
- Considérant la constitution de la communauté de communes Lanvollon-Plouha, nous regrettons évidemment
l’adhésion de Plouha à cet EPCI. En effet, nous restons intimement persuadés que notre commune, notre canton, doit s’inscrire dans le développement littoral et non sur un axe Lanvollon-Guingamp.
On le voit suffisamment à travers les études cartographiques du schéma de cohérence territorial, ou encore avec les cartes de l’achalandage : les Plouhatins se déplacent beaucoup plus sur
l’axe littoral que sur l’axe de Guingamp. On le voit encore sur les divergences de perspective que peuvent avoir lieu entre les 15 communes de la communauté de communes Lanvollon-Plouha sur le
tourisme (nous y reviendrons).
- Considérant le conseil communautaire, la commune de Plouha y est sous-représentée. Sur 43 membres,
seuls 7 sont plouhatins, alors que notre commune représente un tiers des habitants de la communauté de communes. Elle devrait à ce titre disposer de 14 à 15 sièges, c’est-à-dire deux fois plus
qu’aujourd’hui. Je pense qu’il est urgent de revoir la représentation de Plouha qui doit s’accompagner d’un effort de représentation des groupes minoritaires.
- Considérant la démocratie participative, un « conseil citoyen » a été mis en place pour
palier le déficit démocratique dont souffre le conseil communautaire. C’est certainement un point positif, mais cela ne peut venir qu’en complément d’une application déjà parfaite de la
démocratie représentative qui est la seule expression démocratique.
- Considérant la politique communautaire, on déplore que les communautés de communes concentrent trop
souvent leur effort financier sur la construction de salles de sport ou de salles des fêtes dans chacune de ses communes. Bien souvent le loisir, le ludique, est traité comme une priorité, mais
il ne construit rien pour assurer l’avenir. Le Préfet a déploré ici même cette tendance trop courante. Au contraire, tout l’effort devrait d’abord porter sur la politique économique et
touristique qui est la seule à pouvoir assurer le renouvellement de la population, le maintien les commerces, la continuité de l’activité. En se re-concentrant sur ces compétences obligatoires,
il faut réaliser des investissements qui construisent l’avenir de notre territoire… Ensuite, on pourra envisager les salles de sports, de fêtes. Maintenant, on se félicite du programme
d’aménagement de la zone d’activité à Plouha enfin lancé en 2008 ! On a su avoir cette réflexion pour Lanvollon, mais Plouha est resté en marge, ce qui montre une nouvelle fois que sa place n’est
peut-être pas au sein de la communauté de communes Lanvollon-Plouha.
Parallèlement, le grand atout pour le développement économique à venir de Plouha reste le tourisme. Or, quand
Plouha représente à elle seule 95 % du tourisme de la communauté des communes, il est évident que les autres communes ne peuvent partager ce même intérêt, alors qu’il est majeur pour nous. Une
fois de plus, la place de Plouha dans cet EPCI n’est pas pertinente. Vous voyez bien les réticences régulières des autres communes en la matière. Au passage nous vous remercions d’avoir versé les
5000 eur. de subvention que la majorité plouhatine a refusé de donner à l’office de tourisme. Comme vous, nous déplorons d’en être arrivé là : cela témoigne du peu de considération
qu’accorde la majorité plouhatine à la politique touristique (sachez qu’elle attend d’ailleurs tout de la communauté de communes en la matière…).
Enfin, il serait important de tout miser sur
cet atout qui profite aussi à l’ensemble de la communauté de communes, et valorise son image. Dans ce sens, il serait de notre point de vue important de changer le nom de notre EPCI. Pourquoi pas
la communauté des commues des « Hautes falaises », des « Hautes falaises de Bretagne », du « Centre Goëlo », du « Cœur Goëlo », « Kreis
Goëlo »… !
En conclusion de ce survol rapide de certains
aspects qui méritent d’être longuement approfondis et débattus, nous sommes surtout bien conscients que beaucoup d’éléments sont inhérents à la constitution de nos communautés de communes trop
petites pour faire les véritables investissements de l’avenir. Dans ce cadre, nous ne pouvons que nous féliciter d’un des aspects de la réforme des collectivités en cours, qui obligera les EPCI à
revoir leur organisation de manière rationnelle, en opérant des fusions indispensables pour leur donner une véritable efficacité économique. C’est donc à nous de réaliser les choix pour l’avenir
de nos territoires et je crois qu’il nous appartient aujourd’hui de lancer le débat sur ce sujet.